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L’Étagère du bas devient (aussi) une maison d’édition

Bonjour,

Je tiens à informer ceux qui ne seraient pas encore au courant que j’ai monté ma maison d’édition pour enfants. Oui, à force de lire et de parler de littérature jeunesse, l’envie de publier s’est fait sentir ! Dans l’attente du site Internet des Éditions de L’Étagère du bas, vous pouvez retrouver toutes les informations sur la page Facebook qui se trouve ICI.

Quelques informations:

  • Je vais aussi garder mon blog pour conseiller des livres d’autres maisons d’édition que la mienne;
  • Le premier livre de la maison d’édition nous vient de Suède et la parution est prévue pour le 5 octobre. Il s’agit de Plupp construit sa maison d’Inga Borg;
  • D’autres titres venant de France (mais aussi d’autres pays) sont prévus pour l’année 2017.

Merci et à très bientôt !

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Tempête

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NOUVEAUTÉ

Après une couverture saisissante, bourrée d’énergie et de mystère, la première page signe un pacte avec le lecteur: « Le plus ennuyeux avec les histoires vraies, c’est que personne n’y croit jamais. Surtout les gosses. Rien que pour ça, je m’étais promis de ne jamais raconter celle de la Tempête. Mais celui qui ouvrira ce livre sera, je l’espère, différent des autres. »

Oui, il s’agit ici d’un livre spécial pour lequel il faut avoir l’esprit ouvert et dont la lecture ne laisse pas indifférent. Mais, pourquoi ? Un vent de folie, oui, c’est bien de ça dont il est question dans l’album Tempête. Pourtant, celui-ci s’ouvre sur un quartier résidentiel morne et sans vie. Tout est gris, triste alors comment y vivre en étant heureux ? Et comment une fête d’anniversaire convenue et ennuyeuse peut devenir l’événement de l’année ? On fête les douze ans du jeune narrateur (et personnage principal) de l’histoire. Résigné, il semble aussi être le seul à percevoir la réalité des choses et n’a qu’une idée en tête: préserver sa jeune sœur, Félicie, et lui redonner vie…

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© S. Bonini et A. Spiry pour Sarbacane

« Parmi toute cette foule proprette et ces mouflets endimanchés, personne ne semblait remarquer les signes précurseurs de ce qui approchait. Pourtant, cela avait bel et bien commencé. » Cette phrase annonce le début de la métamorphose, le point de rupture, on bascule dans l’inconnu… Il s’agit de la Tempête sans vent ou pluie, mais avec une majuscule qui lui confère une grande importance. Le gris devient rose, la morale laisse place à la fantaisie et c’est un véritable monde à l’envers qui se met en place. Le gâteau s’effondre et les bougies dégoulinent, la directrice de l’école (symbole de l’autorité suprême) se transforme en star sexy de cinéma, les costumes noirs des messieurs sérieux se parent de pois multicolores et si l’on se réfère au texte puissant de Sandrine Bonini: « Les choses s’accélèrent quand certains invités commencèrent à escalader les arbres ou à détaler à quatre pattes en aboyant. […] Dans une ville aussi morose d’habitude, c’était même un ouragan de fantaisie. Les couleurs arrivaient par rafales, submergeaient la ville. »

L’explication à tout ça ? Il n’y en a pas vraiment… Il faut se plonger dans l’univers incroyablement riche tant au niveau du texte que des illustrations et se jeter à corps perdu dans (la) Tempête ! Selon moi, c’est un album psychédélique avec une dose de magie dans l’ambiance d’Alice au pays des merveilles qui déroute autant qu’il fascine les enfants, car tout n’est pas expliqué. D’où cette envie (et ce besoin) de lire et relire encore… Le texte très riche, soigné est véritablement de la littérature et regorge de subtilités. On sent que Sandrine Bonini fait confiance à l’intelligence des enfants et le résultat fonctionne à merveille.

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© S. Bonini et A. Spiry pour Sarbacane

Dans cet ouragan de fantaisie, les enfants en profitent pour échapper à la surveillance des adultes et une fois l’ahurissement passé, ils décident de s’amuser comme des fous. C’est un véritable vent de liberté pour tous les enfants du voisinage ! Dans un monde aussi coloré et joyeux où tout semble ne plus avoir d’importance, comment ne pas (re)devenir vivants ? L’accent est mis sur la relation du frère et de la petite sœur, toute la tendresse du grand frère protecteur est traitée de manière subtile, jamais niaise.

Alors, si l’on veut creuser un peu et voir un sens caché à ce livre, on peut imaginer derrière cette spirale de folie une petite fête trop arrosée par les adultes. Premier indice: l’allusion aux boissons qui se mettent à pétiller dans leur carafe (première manifestation de la Tempête d’ailleurs) et cette citation: « Le monde semblait devenu fou, mais d’une folie douce et enjouée, toute faite de rêves inavouées. » Et l’on sait bien que l’alcool peut désinhiber et faire ressortir des choses enfouies… Et les enfants préfèrent fuir les adultes les laissant à leurs étranges pratiques ! Mais, j’insiste, ce n’est qu’une interprétation parmi tant d’autres…

Quant aux illustrations, ah, les illustrations d’Audrey Spiry ! Comment bien en parler ? La meilleure des solutions est de les regarder, de les admirer et de s’y perdre. Ce que l’on voit en premier, de la lumière et des couleurs très vives. Ensuite, on remarque que les personnes et les décors sont dessinés très précisément et à l’apparition de la Tempête, les paysages deviennent fluides, les contours s’étalent pour prendre toute la place… La Tempête est peut-être le personnage principal, en réalité ? Dans cet album, la nature semble réellement personnifiée. L’illustratrice parvient à donner un mouvement, un relief incomparable à ses dessins, que dis-je, ses peintures. La moindre page est un tableau ! Moi, j’y ai vu du Chagall pour l’aspect coloré et aérien ainsi que du Braque pour la composition des paysages. Et une façon toute personnelle d’appréhender les taches… Dans Tempête, on sent une grande agitation et chaque élément respire au milieu d’un grand flou bouillonnant. Autant d’éléments qui montrent la finesse et la puissance du trait d’Audrey Spiry.

Tempête est un album décalé, flamboyant et très original que je vous recommande !

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Maison d’édition: Sarbacane

Année de publication: 2015

Prix: 16 euros

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Le premier livre du duo Bonini-Spiry est aussi une réussite qui a eu un très beau succès à sa sortie en 2014. Lotte est l’histoire d’une petite fille pirate, une sauvageonne qui vit en accord avec la nature (la végétation est absolument magnifique dans cet album) et ses amis sont les animaux de la jungle. Tout son équilibre est bouleversé le jour où des voisins viennent s’installer à côté de chez elle. Et ce jeune garçon qui est aussi son voisin, elle aimerait le détester mais il en est tout autrement…

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Qu’y a-t-il dans ta couche ?

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Avis aux parents voulant aider leur enfant à devenir propre, Qu’y a-t-il dans ta couche ? (écrit et illustré par Guido Van Genechten) est le livre qu’il vous faut !

Avec malice, une petite souris s’interroge sur tout ce qu’il se passe autour d’elle et s’intéresse particulièrement aux couches que portent ses petits amis animaux. Nous avons donc droit à la découverte du contenu de la couche du lapin, de la chèvre, du chien, de la vache, du cheval et du cochon. Avec un plaisir non dissimulé, l’enfant peut abaisser un rabat découvrant la couche sale de chaque animal.

Ah, du caca ! C’est moche, ça sent mauvais et c’est dégoûtant. Bref, les petits adorent !

Très fière d’elle, la petite souris montre à ses compagnons une couche toute propre et pour cause, elle fait ses besoins sur le pot…

Ne gâchant pas un suspens insoutenable, je peux vous dire que la dernière double page très colorée est une vraie apothéose: il n’y a plus de couche et tous les petits animaux sont chacun sur un pot. Les uns derrière les autres, ils forment comme un petit train de la propreté avec, bien entendu, la petite souris en chef de file.

Bref, on rit beaucoup et le message destiné à l’enfant passe vraiment bien…

J’ai pu vérifier l’efficacité de ce livre auprès de mes deux enfants à l’époque de l’apprentissage de la propreté et dernièrement sur le petit garçon de tout juste 2 ans d’un couple d’amis (la cible parfaite). Il ne connaissait pas le livre et immédiatement après la lecture de Qu’y a-t-il dans ta couche ?, il est allé aux toilettes, a retiré sa couche et est allé sur le pot.

C’est pas beau, ça ? Si j’avais pu le filmer… Oui, les livres aident vraiment les enfants à grandir.

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Maison d’édition: Albin Michel jeunesse

Année de publication: 2009

Prix: 10,90 euros

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Small

Small PEF

« C’est l’histoire d’un petit bonhomme, qui traverse la vie à petits pas, sans ambition plus grande que lui et sans faire grand bruit. »

Voilà la présentation de la maison d’édition (Rue du monde) qui résume parfaitement ce livre écrit et illustré par PEF. Principalement connu pour Les Belles lisses poires du prince de Motordu, le grand PEF a signé plus de cent cinquante ouvrages…

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Plus discret que d’autres succès, Small est un mini format (12×10 cm) qui ne dépasse pas des mains et comme un petit trésor, on part à la rencontre du personnage éponyme. 100 pages alternant textes courts et illustrations pour raconter simplement la vie d’un homme.

PEF aborde le quotidien frontalement avec poésie et simplicité. Tout résonne pour les adultes et permet aussi aux enfants d’imaginer ce que peut être une vie dans sa globalité: les grandes joies, les craintes, les petites victoires, le temps qui passe, les déceptions, l’amitié, les angoisses, l’accomplissement de soi, etc. Une douce mélancolie parcourt le livre et l’auteur semble nous murmurer que tout ira bien malgré l’inéluctable. Il y a des chances pour que cet ouvrage soulève bon nombre de questions de la part des enfants…

Dans ce sens, Small m’a fait le même effet que L’Arbre généreux de Shel Silverstein (que je vous encourage à lire si vous ne le connaissez pas). Il est aussi question du cycle de la vie et de ce que l’on peut faire par amour ou par amitié.

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Mais, je le dis très clairement: le livre de PEF n’est absolument pas déprimant, il met la lumière sur monsieur Tout-le-monde en y apportant une poésie légère. En bon spécialiste des jeux de mots, PEF s’amuse avec délectation du contraste entre les mots « petit » et « grand ». Le texte regorge de jeux de mots qui feront rire et s’émouvoir les enfants (à partir au moins de 7/8 ans, difficile à suivre pour les plus petits) et les adultes. On n’est donc jamais totalement écrasé et on rit souvent.

Comme le texte, les illustrations sont d’une grande sobriété et d’une grande précision. Un trait noir sur fond blanc agrémenté de touches d’orange et de bleu. Quelques croquis comme dans un carnet de voyages et qui en disent si long…

Small est une petite pépite qu’on lit d’une traite et j’envie ses futurs lecteurs qui vont avoir le bonheur de le découvrir.

Bonne lecture !

Maison d’édition: Rue du monde

Année de publication: 2013

Prix: 9, 50 euros.

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Les Théories de Suzie

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NOUVEAUTÉ

Je ne sais pas si la couverture de ce livre vous fera le même effet qu’à moi, mais en ce qui me concerne, j’ai été immédiatement séduite par la couleur rouge, le prénom rétro et la petite fille adorable qu’on devine malicieuse. Bref, une fois ce livre en main, impossible de le reposer.
Et en plus de la couverture alléchante, ce petit album est signé par un trio gagnant de valeurs sûres: auteur/illustrateur/maison d’édition.

L’auteur Eric Chevillard, en plus de ses nombreux succès dans la littérature générale, a publié son premier album jeunesse La Ménagerie d’Agathe (en faisant l’inventaire des jouets de sa fille Agathe) illustré par Frédéric Rébéna et publié chez Hélium en 2013.

Jean-François Martin, l’illustrateur, a une identité graphique très forte comme nous avons déjà pu le voir dans La Mémoire de l’éléphant, publié chez Hélium en 2012. Pour Les Théories de Suzy, quatre couleurs (noir, blanc, bleu et rouge) et sous la forme d’un manuel de sciences naturelles, 25 figures-illustrations travaillées revendiquant un aspect rétro.

Quant à la maison d’édition Hélium fondée en 2008, elle est réellement devenue une référence de qualité offrant des albums beaux, intelligents et originaux.

Maintenant, voyons ce qu’il y a dedans…
L’idée de base est simple (comme souvent dans les bons album jeunesse): Suzy nous livre ses petites vérités sur ce qui l’entoure, le tout avec poésie, une imagination débordante mais aussi du bon sens, bref une logique enfantine déconcertante et drôle. Sa curiosité souhaite à tout prix être assouvie, il y a tellement de choses étranges dans ce monde…
Ces théories amuseront petits et grands. Et chez les parents, les idées de Suzy feront écho à celles qu’ils avaient eux-mêmes étant enfants ou aux « perles » de leurs propres enfants.
Dans mon cas, mon fils, à l’âge de 3 ans, comme énormément d’enfants, avait pris la fâcheuse habitude de ramasser tout ce qu’il trouvait par terre notamment les cailloux. Et il avait décrété que les petits cailloux se trouvant dans les flaques d’eau s’appelaient des « flaquins », adorable néologisme que son père et moi-même avons tout naturellement adopté.
Pour en revenir à Suzy, le texte et les illustrations sont magnifiques alors n’hésitez pas à vous procurer cet album !

Maison d’édition: Hélium
Année de publication: 2015
Prix: 13,90 euros