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Une danseuse ne porte pas de lunettes

couv Une danseuse ne porte pas de lunettes

Une danseuse ne porte pas de lunettes est un très bel album sur l’univers de la danse et sur les exigences que cette pratique requiert. Beaucoup d’apprentis danseurs pourront se reconnaître dans l’histoire de la petite fille du livre, Daisy. Pour le spectacle de fin d’année, le professeur Golovine a choisi quatre danseuses pour participer à son nouveau ballet et Daisy en fait partie… En plus, Pauline de Belleville, la directrice de la célèbre Tutu et Cie en personne, viendra assister à la représentation ! Daisy est aux anges, mais sa joie est rapidement ternie par la règle imposée par son professeur (et dans le monde de la danse en général): « Mais, attention, Daisy, tu devras enlever tes lunettes quand tu monteras sur scène ! Une danseuse ne porte pas de lunettes ! » Pour cette jeune passionnée de danse, la sentence tombe comme un couperet…

Elle aime la danse plus que tout mais sans lunettes, elle voit flou. Alors, comment faire pour danser correctement ? Notre jeune danseuse essaie, mais en vain… Entre ses cauchemars et les moqueries de ses copines, Daisy est désemparée. La date du ballet approche et, heureusement, elle a enfin une révélation: elle se met à répéter dans le noir. Guidée par sa passion et son envie de se surpasser, la petite danseuse trouve progressivement ses marques et se dit que c’est finalement peut-être possible de danser sans ses lunettes. Mais, qu’en sera-t-il le jour de la représentation ?

Le grand jour arrive enfin et, encouragée par sa grand-mère, Daisy suit ses conseils: « On ne danse bien qu’avec le cœur. » La peur disparaît, l’envie de danser prend le dessus et Daisy s’envole. Bien entendu, Pauline de Belleville et le professeur Golovine la félicitent, le pari est gagné pour Daisy !

Le texte de cet album a été écrit par Claudine Colozzi, journaliste et auteure spécialisée dans la danse. Pour le plus grand plaisir des lecteurs, ce livre présente les thématiques principales de la danse chez les enfants comme les cours, l’amitié-rivalité, l’excitation et/ou le trac du spectacle de fin d’année, mais aussi une réalité peu abordée: comment fait-on pour danser sur scène lorsque l’on porte des lunettes ? Et que l’on est trop jeune pour des verres de contact… Avec finesse, Claudine Colozzi parvient à traiter cet aspect en mettant en avant la différence comme un moteur pour s’affirmer. La danse est bien souvent une affaire de passion et cela donne des ailes, permettant de tout dépasser !

Les illustrations d’Elsa Oriol donnent vie au texte avec autant de légèreté et de profondeur qu’il en fallait. Oui, on peut affirmer que le style d’Elsa Oriol va à merveille avec celui de la danse… Ses petites danseuses sont adorables et elle sait apporter beaucoup de mouvement aux scènes dansées. Elle met aussi très bien en scène les questionnements de Daisy (j’aime particulièrement le travail apporté aux expressions du visage). De fait, les petits lecteurs accompagnent naturellement la jeune danseuse dans l’épreuve qu’elle a à surmonter.

Je recommande ce livre pour tous les enfants qui aiment la danse et qui portent des lunettes… ou non !

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Maison d’édition: Kaléidoscope

Date de parution: 31/01/2018

Âge: à partir de 6 ans

Prix: 13,20 euros

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L’Infini Voyage

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Cet album est un vrai coup de cœur ! Grâce à la maison d’édition Le Petit Lézard, nous pouvons découvrir tout le talent de l’auteure-illustratrice japonaise Sachie Hattori. L’Infini Voyage est son premier album et c’est une réussite totale…

Une petite fille décide de raconter à sa mère le chemin parcouru avant sa naissance pour venir jusqu’à elle. Le postulat de base est donc plutôt original et un peu risqué, mais le pari est relevé haut la main… J’aime particulièrement l’idée que ce soit l’enfant qui raconte une histoire à sa mère et non l’inverse comme c’est habituellement le cas: « Écoute, Maman, écoute l’histoire qui m’est arrivée avant ma naissance. Une étoile a explosé et s’est transformée en des centaines d’étoiles. J’étais l’une de ces étoiles. […] ici commence le grand voyage pour voir nos parents. »

Autant de petites étoiles vont alors prendre vie et un grand périple onirique va commencer pour notre colonie de bébés… entre le ciel, la mer, la forêt, les bébés naviguent dans différents milieux et vont aussi faire des rencontres particulières. Comme guidés par l’amour maternel, nos courageux bébés font des expériences incroyables qui feront rêver les enfants lecteurs à qui un message est – subtilement – adressé: « Nous pouvions voler très haut sans avoir peur. C’est dommage de penser à toutes les choses qu’on ne pourra plus faire après la naissance à cause de la peur. Tu ne crois pas ? »

Nos bébés évoluent en toute légèreté comme dans un état de grâce. La vie in utero est sublimée avec une impression d’apesanteur permanente. Avec une très grande élégance, Sachie Hattori nous offre une histoire originale emplie d’humanité et de poésie. En voici un petit extrait: « Quand nous découvrions de belles choses, nous faisions un vœu, et j’ai souhaité être une personne qui sait dire que c’est beau quand elle fait face à la beauté. » Ça donne envie de grandir, non ?

Détail mode de la plus haute importance: mention spéciale aux beaux motifs colorés des adorables pyjamas !

Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à aller consulter la page Facebook de Sachie Hattori.

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Maison d’édition: Le Petit Lézard

Date de publication: février 2018

Âge conseillé: à partir de 4 ans

Prix: 15 euros

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Mon île, ce petit paradis…

Pour cette chronique, j’ai choisi de mettre en parallèle deux titres sortis au mois de février et qui abordent le même thème – à savoir le refuge qu’une enfant se fabrique – mais de manière complètement différente aussi bien au niveau du texte que des illustrations. Le premier est Mon île écrit par Stéphanie Demasse-Pottier et illustré par Seng Soun Ratanavanh, le deuxième s’appelle Mon petit paradis de Lili Scratchy.

Tous ceux qui ont aimé/aiment se construire des cabanes dans un jardin ou dans leur tête (ou même les deux) apprécieront sûrement…

 

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Dans Mon île, une jolie petite fille nous entraîne dans son monde. La première phrase donne le ton: « J’habite une île sans nom. » Rien n’est nommé mais tout est dit…  Dans cet album, on plonge dans un univers onirique très fort. C’est le voyage intérieur d’une enfant qui fait cohabiter aussi bien ses petits compagnons, ses affaires précieuses que ses rêves, ses envies…

Les phrases sont volontairement neutres et prennent toute leur dimension avec les illustrations poétiques et absolument charmantes de Seng Soun Ratanavanh. Selon moi, la délicatesse est le mot qui caractérise le mieux son travail. Au sens propre comme au sens figuré, un fil rouge est tissé de page en page et prend une forme différente à chaque fois. C’est un détail magnifique… Il y a tout un jeu sur les dimensions, les habitats, les échelles. Petite reine évoluant au cœur de la faune et la flore, l’enfant voyage et entraîne véritablement le lecteur avec elle. Avec son économie de mots, Stéphanie Demasse-Pottier nous livre l’essentiel: le rêve est à la portée de tous. Une vraie puissance se dégage de ce texte grâce à des mots simples, une grande sincérité et une finesse dans le propos.

Bref, cet album est magnifique de bout en bout alors lisez-le et embarquez pour le pays de l’imaginaire !

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Maison d’édition: La Martinière jeunesse

Année de parution: 2018

Âge: à partir de 4 ans

Prix: 14,50 euros

 

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Je ne sais pas vous mais moi, j’adore le style déjanté de Lili Scratchy ! Je vous avais déjà parlé de son travail ICI. Dans cet album, il est question d’une petite fille qui en a ras-le-bol ! De quoi ? Surtout de ses parents mais aussi de tout le reste… Le résumé est parfait alors je vous le livre tel quel:

Mon école est pourrie, mes parents me forcent à manger des fruits: ma vie est NULLE. Moi, ce que j’aimerais, c’est pouvoir claquer des doigts et HOP ! arriver sur une petite île au milieu de rien. Enfin, j’aurais peut-être besoin d’emporter deux ou trois trucs…

Elle laisse alors son imagination voguer et l’emmener dans un univers peuplé uniquement de ce qu’elle aime, je vous laisse découvrir ses goûts exquis… Parfois, il vaut mieux laisser parler les images alors régalez-vous avec ces extraits:

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© Lili Scratchy pour Les Fourmis rouges

On s’amuse beaucoup à la lecture de cet album mais j’aime aussi le message délivré: oui, parfois, on peut trouver sa vie nulle, imaginer que c’est forcément mieux ailleurs alors que ce n’est finalement pas si mal ici. Le temps de s’éloigner un peu puis de revenir aide à faire ce constat. Les cabanes d’un jour ont d’autant plus de charme quand on peut revenir ensuite dans sa douillette maison…

Lili Scratchy nous offre un texte drôle, juste et au plus près des préoccupations des enfants. La petite fille du livre s’offre un grand bol de liberté et en profite pour faire le point sur ses parents, ses copains, ses loisirs, etc. Et en réalité, le bilan est plus que positif: oui, la vie est belle !

Avec humour, décalage et son style bien à elle, Lili Scratchy montre toute l’étendue de son talent avec un artifice de couleurs et de joie de vivre. L’ensemble est coloré, moderne, hyper-dynamique et très réjouissant. Voilà un livre qui amusera et touchera autant les enfants que les adultes !

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Maison d’édition: Les Fourmis rouges

Année de parution: 2018

Âge: à partir de 6 ans

Prix: 13,80 euros

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Tu seras ma princesse

C’est d’un grand et beau livre dont je vais vous parler… Déjà, il est vraiment grand (26 x 38 cm) et il nous parle d’amour dans ce qu’il a de plus pur. Effectivement, un futur père s’adresse à sa petite fille dans un long poème. Sous cette forme originale, l’amour paternel court sur 40 pages. Il parle à son enfant de leur futur, de leur relation, de tout ce qu’ils feront ensemble… Y a-t-il amour plus véritablement sincère et inconditionnel ? « Tu seras ma princesse » revient souvent dans le texte mais cette petite fille est véritablement reine au royaume de son père. Le texte baigne dans un univers de contes de fées et d’histoires au sens large, les clins d’œil sont nombreux. On se plonge avec délice dans la belle histoire d’un père et de sa fille qui vont être très heureux et avoir beaucoup d’aventures !

« La plus belle nuit

Le plus beau jour de ma vie

Tu sortiras d’un long sommeil

Ma belle

Au bois qui dormait

Mais à ton réveil c’est mon rêve

À moi

Qui sera réalisé. »

Plus qu’une princesse ou une reine, il fait de sa fille une héroïne moderne à tous les points de vue. La petite fille décrite semble posséder toutes les qualités rêvées : elle est à la fois sensible, artiste, coquette mais aussi courageuse, aventurière et libre ! C’est un message ultra-positif à véhiculer auprès des enfants (filles et garçons).

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© Marcus Malte et Régis Lejonc pour Sarbacane

Le style de Régis Lejonc est tout simplement envoûtant et nous plonge dans une rêverie sans pareille. Il brise les codes de l’illustration traditionnelle et compose très librement chacun de ses dessins. L’enfance, la nature, les personnages de contes, les rêves, les animaux, tout cohabite dans un équilibre savamment dosé. Chaque illustration est un véritable tableau ! Les illustrations oniriques plongent petits et grands dans une fascination toute particulière.

La petite fille du livre à qui le père s’adresse n’est jamais représentée de la même façon, ce n’est pas la même et pourtant, le lecteur n’est pas perdu et sait la reconnaître. Elle grandit au fil des pages et c’est l’enfant, une enfant, toutes les enfants… puis une jeune fille, une jeune femme. Cette universalité donne encore plus de force au livre.

Si chaque père offrait ce livre à sa fille pour sa naissance, elle serait armée pour la vie… Avec de l’amour, on peut tout faire, non ?

Pour terminer, je vous offre le résumé de ce magnifique livre:

« De toutes les aventures

La plus extraordinaire

Crois-moi

Sera la nôtre

Celle de chaque instant

Passé

Ici

Ensemble

Entre ton premier jour

Et ma dernière nuit. »

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Maison d’édition: Sarbacane

Année de parution: 2017

Âge: à partir de 6 ans

Prix: 18 euros

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La petite encyclopédie illustrée des animaux les plus étonnants

L’auteur-illustratrice suédoise Maja Säfström et les éditions Rue du monde nous offrent un très beau livre en noir et blanc. Le long titre annonce le programme, en effet c’est une encyclopédie vraiment riche pour les petits mais qui parvient à ne pas être indigeste… Comme toute bonne encyclopédie, elle donne envie d’en savoir plus sur chaque espèce et sur 120 pages, une multitude d’informations sont distillées de manière concise, intelligente et souvent drôle !

Saviez-vous que si une tarentule perd une patte, une nouvelle va tout simplement repousser et que les femelles requins perdent l’appétit avant de donner naissance à leurs petits… pour ne pas être tentées de manger leurs propres bébés ? Ou encore que le cœur d’une baleine bleue est aussi gros qu’une voiture et que lorsque deux fourmis se rencontrent, elles se saluent en se touchant les antennes ? Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, les chèvres ont des pupilles rectangulaires et les crocodiles peuvent survivre sans nourriture pendant trois ans !

D’autres exemples en images:

© Maja Säfström pour les éditions Rue du monde

Dans sa présentation au début de l’ouvrage, Maja Säfström s’adresse à ses lecteurs et, en lisant ces quelques lignes, on sent à quel point elle aime les animaux et sa volonté de transmettre sa passion: « J’espère que ce livre vous fera faire de curieuses découvertes et ouvrira plus grands encore vos yeux sur la beauté fascinante du monde animal. » On plonge avec plaisir dans le monde animal que nous présente Maja Säfström. Les illustrations sont délicates, minutieuses, très bien pensées et accompagnées de petits textes placés très librement.

J’ai eu la chance de rencontrer Maja Säfström au mois d’octobre à L’Institut suédois. En effet, à l’occasion de la réouverture de L’Institut après des travaux (allez-y, c’est super !), l’illustratrice a animé une série d’ateliers autour du dessin et du collage d’animaux étonnants. La fresque murale « Dessine-moi ! » et l’ensemble ont eu du succès… nous sommes même repartis avec une belle dédicace (en français !) de son livre.

Quelques photos de l’événement:

 

Infos supplémentaires:

Maja Säfström continue sur sa lancée pour notre plus grande joie, notez qu’un autre ouvrage dans la même veine est à paraître prochainement: La petite encyclopédie illustrée des animaux qui vivaient autrefois sur la Terre.

N’hésitez pas à consulter le site Internet de Maja Säfström, architecte et illustratrice de talent: http://www.majasbok.com/

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Maison d’édition: Rue du monde

Année de parution: 2017

Prix: 16,80 euros

Âge conseillé: à partir de 5 ans

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Emmett et Cambouy

 

Dans un petit coin de paradis en pleine nature, Emmett et Cambouy habitent l’un à côté de l’autre. Deux maisons et entre elles, le chemin de l’amitié… Emmett est grand, amateur de musique, plutôt raisonnable et organisé tandis que Cambouy aime se lever tard et bricoler, il est aussi franchement mauvais joueur, sentimental et disons plutôt lunaire… Ces deux personnages forment un duo très attachant: différents donc complémentaires, ils n’envisagent pas leur vie l’un sans l’autre !

Au gré des pages et des saisons, nous partageons avec plaisir le quotidien de ces meilleurs amis. Car, il est vraiment et surtout question de quotidien dans ce livre: promenades, jeux, repas partagés, petites découvertes, etc. Emmett et Cambouy est un livre simple mais pas simpliste, l’intrigue n’est pas le nerf du livre. L’accent est mis sur autre chose: ici, il est question des petits riens et des grandes joies qui font la richesse d’une relation.

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© K. Hottois et D. Renon pour le Seuil jeunesse

Le texte de Karen Hottois est poétique et très évocateur. Dans ce livre, le temps est pris pour décrire au plus juste les situations et les sentiments. Voici deux exemples, le début de l’automne et la fête d’anniversaire de Cambouy:

Tandis qu’Emmett balaie devant sa porte et que s’accumulent des petits tas d’or et de pourpre sur le gravier, Cambouy reste là, assis sur sa chaise de jardin. Il pense à l’été qui s’en est allé. Il se souvient des pique-nique enchantés et des fruits de tournesol écrasés. Des chasses à la grande bête, des parties de ballon prisonnier et de chat perché. Des rêves éveillés, des trésors enfouis. Il pense à tout cet été qui se change en rouille. « Où va l’été ? » se demande-t-il. Cambouy n’aime pas la fin des choses, il devient si triste que ses paupières frissonnent. Emmett range son balai et les sacs de feuilles mortes. Il rejoint Cambouy et dépose un châle en laine sur ses épaules. Ensemble, ils saluent l’été et les melons sucrés. Ils saluent la crème solaire qui se mêle aux longs poils soyeux, le sable collé et les bouées.

Les filles sautent comme des puces, les garçons sont plus timides… Emmett s’installe alors au piano. Les filles dansent, dansent, dansent. Les garçons tombent, tombent, tombent amoureux. Ils sont multicolores et sucrés, de fête folle, de gâteau et de chocolat.

Delphine Renon, adepte du détail, nous offre des illustrations très soignées. Sur chaque page, il faut regarder partout, en haut, en bas, derrière les arbres, sur les étagères, dans les cadres, etc. pour ne pas rater un seul élément de décor… J’ai aussi beaucoup apprécié les tenues des personnages d’Emmett et Cambouy, mais aussi de leur bande de copains : ils sont tous particulièrement chics !

Le récit traverse les quatre saisons (vous serez forcés de constater le travail remarquable de l’illustratrice Delphine Renon sur les changements de la nature) et l’histoire s’étale sur 64 pages (assez long pour un album) pour nous parler d’amis de longue date : alors plus qu’Emmett & Cambouy, le temps qui passe pourrait bien être le personnage principal de cette histoire. Le message du livre pourrait aussi être le suivant: prendre le temps de lire, de découvrir des personnages, de voir la nature évoluer et profiter de ceux qui traversent le temps avec nous…

Je vous encourage à lire Emmett et Cambouy !

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Maison d’édition: Seuil jeunesse

Année de parution: 2017

Prix: 14,50 euros

Âge conseillé: à partir de 5 ans

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Dans le détail

NOUVEAUTÉ

Voilà un imagier qui détonne vraiment dans le paysage des imagiers ! Dans le détail donne immédiatement le ton et on plonge avec délice dans l’univers farfelu (mais précis) et surtout très haut en couleur d’Élisa Géhin. Je vous ai déjà parlé de cette auteur-illustratrice dont j’apprécie beaucoup le travail (voir ici). Après son ouvrage Dans l’ensemble, Élisa Géhin reprend un procédé qu’elle affectionne particulièrement et dont je suis aussi une grande amatrice: les listes ! Le livre tout en longueur est semblable à un bloc-notes et le programme annoncé en quatrième de couverture donne à rêver: « Regarder et nommer le monde, dans le détail et en poésie. »

Au fil des pages, on observe le plus simplement du monde les oiseaux, les fruits, les pays et les parents peuvent se réjouir, c’est un livre utile car les enfants ont besoin d’avoir des repères précis pour apprendre. L’ensemble est foisonnant, intelligent et rempli de couleurs ! Au détour de pages didactiques, des pointes d’humour et de grande poésie sont présentes. J’apprécie donc la cohabitation intelligente des choses très ancrées dans le réel et habituelles des imagiers comme les animaux, les arbres, les couleurs, les moyens de transport, etc. et des catégories plus étonnantes telles que « La conversation », « Tout se transforme » ou encore « Ce qui ne s’achète pas ». Élisa Géhin respecte l’exercice en donnant aux enfants les bases dont ils ont besoin (principe de l’imagier) et parvient à dépasser les attentes du genre. On sort des sentiers battus et les petits lecteurs sont emmenés plus loin que ce qui est généralement proposé dans ces ouvrages. Le livre s’achève sur une catégorie intitulée « Ceux que personne n’a jamais vus jusqu’ici »: la petite souris cohabite donc avec Dieu et les licornes. C’est hautement poétique, non ?

Au-delà d’un imagier, en lisant ce livre, on a l’impression de voir le monde d’Élisa Géhin ou du moins sa perception du monde. On rentre dans un univers artistique très riche où l’illustratrice joue avec les formes, les détails et apporte beaucoup d’originalité à l’ensemble. Dans les personnages d’Élisa Géhin, je vois l’influence de Niki de Saint Phalle, de Jean Cocteau ou encore de Fernand Léger. Oui, cette illustratrice a ce même pouvoir de produire des dessins qui touchent toutes les générations. Il y a une fantaisie néanmoins sérieuse…

Selon moi, la force de ce livre est de s’adresser autant aux petits en remplissant parfaitement sa fonction d’imagier qu’aux enfants plus grands en les emmenant dans un univers artistique exigeant. Dans le détail est un ouvrage dense (presque 130 pages) dont on peut lire quelques pages comme histoire du soir mais c’est aussi un livre que l’on peut consulter de temps à autre, enfants comme adultes.

C’est un très beau livre !

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Maison d’édition: Les Fourmis rouges

Année de parution: 2017

Âge conseillé: à partir de 3 ans

Prix: 16,50 euros