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Une sieste et un bon bain !

Voici une chronique vous conseillant des livres de la collection « Loulou & Cie » qui s’adressent aux tout-petits: À la sieste ! et Au bain, les monstres ! sous le trait et la plume de la talentueuse Iris de Moüy. Ces deux albums mettent en scène des activités quotidiennes des enfants (dormir et se laver), thèmes largement abordés dans les livres pour enfants, me direz-vous… Alors, quel est le petit plus de ces livres ? Un traitement original & décalé, un univers graphique envoûtant et un grain de folie qui séduit autant les petits que les grands !

 

L’histoire de ce livre cartonné se situe en pleine jungle… Elle commence dès la couverture (petite originalité) avec un appel général lancé par une petite fille, telle la maman de la savane. Le livre s’ouvre alors sur un zèbre fâché qui nous dit « Je ne veux pas faire la sieste. » Et, tour à tour, les animaux disent fermement à quel point ils ne veulent pas dormir. Je suis sûre que ce petit refrain vous fera penser à quelqu’un que vous connaissez bien…

Dans cet album, la belle galerie d’animaux de la savane donne toutes les excuses possibles et imaginables pour ne pas se reposer: certains tentent l’intimidation, d’autres essaient la ruse et quelques-uns se frottent même à l’humour ! Cependant, la malicieuse petite fille parvient à ce que tout ce petit monde tombe dans les bras de Morphée. Intelligence, magie ou véritable tour de force ? Je vous laisse découvrir la technique de l’enfant qui murmurait à l’oreille des animaux – la pirouette finale – qui semble simple comme bonjour. Beaucoup de parents aimeraient avoir la même force de conviction !

Les petits lecteurs jubilent en constatant le pouvoir de la petite fille immergée en pleine jungle. Nullement impressionnée, elle affronte une hyène, un hippopotame et même le lion ! Dans cet univers très coloré, l’enfant représentée en noir et blanc se détache des autres personnages de l’histoire et du décor: figure contrastée, elle impose sa force.

À la sieste ! est un livre au plus près des préoccupations enfantines. L’auteur-illustratrice offre un récit court et très efficace porté par des illustrations vitaminées qui enchante les tout-petits. Et, que cela fait du bien de lire un livre à propos de la sieste n’utilisant pas le quotidien des enfants ou mettant en scène les doudous, les peluches, etc. ! Iris de Moüy donne le pouvoir à une petite fille (joie des petits lecteurs qui se reconnaissent dans cette semblable) plus forte que tous les animaux réunis.

La plus grande qualité de cet album, plus fin qu’il n’y paraît, est de réussir à désacraliser la sieste. Sujet parfois sensible, il est bon de pouvoir en rire avec son enfant le temps d’une bonne histoire…

 

 

Un frère, une sœur et l’heure du bain. Tout un programme, non ?

Les petits diables s’échappent se complaisant dans leur crasse et se cachent dans leur chambre « dégoûtante ». À l’image de la saleté des enfants, la chambre est sens dessus dessous !

Qui se ressemble s’assemble alors de vrais monstres débarquent dans la chambre des enfants devenue l’antre de la puanteur. Les petits sont ravis, les monstres aussi et la fête bat son plein: « on était monstrueusement bien dans cette chambre ». Les très grands monstres remplissent peu à peu les pages du livre jusqu’au point de bascule: la fille et le garçon se transforment aussi en monstres ! Si, si, des vrais avec des poils et des verrues. Les petits lecteurs sont tour à tour amusés de voir des enfants désobéissants, effrayés de les voir se transformer en monstres et rassurés de voir tout redevenir à la normale.

Dans cette histoire rigolote, le message de l’importance de la propreté est passé de manière intelligente et originale: oui, c’est plus agréable pour tout le monde de se faire un câlin lorsque l’on sent bon…

À la lecture, on se régale avec ces monstres originaux, tenaces et colorés, ils sont vraiment très réussis… Et la complicité entre le frère et la sœur est parfaitement rendue et très attachante. On sait à quel point les enfants s’entendent pour faire des bêtises ! À la fin de l’histoire, ce sont les enfants contre les monstres et ils parviendront à les battre à coup de « jet suprasonique propreté » et « gel douche décrassant » !

Avec Au bain, les monstres !, on fait un grand saut dans l’absurde et c’est tout simplement génial… On rit et on en redemande, encore des enfants cracras et vive la baignoire qui galope !

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Maison d’édition: L’école des loisirs (Loulou & Cie)

Année de parution: 2013 pour À la sieste ! et 2017 pour Au bain, les monstres !

Prix: 12,50 euros (À la sieste !) et 9 euros (Au bain, les monstres !)

Âge conseillé: 3 ans

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Au-delà de la forêt

NOUVEAUTÉ

Arthur est un jeune lapin qui vit avec son père et leur chien dans une petite ferme. La famille est entourée par la forêt et pas n’importe laquelle… elle est très dense et très sombre. « On raconte que la forêt est habitée par des loups, des ogres et des blaireaux géants. Personne ne s’y aventure jamais ! »

Le décor est donc rapidement posé et l’ambiance aussi… Qui mieux qu’un courageux papa pourra relever le défi ? Mais plus que courageux, le père d’Arthur est surtout ingénieux et va se lancer dans une entreprise plus grande que lui: la construction d’une tour permettant de voir au-delà de la forêt. Et tout ça avec l’aide de son fils, bien entendu ! Afin de récolter suffisamment de pierres pour construire son édifice, le père a l’idée d’échanger du pain contre des pierres aux villageois. Il se met donc aux fourneaux, la bonne odeur des petits pains attire bientôt beaucoup d’autres lapins et le troc se met vite en place: « un pain contre quatre pierres ».

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© N. Robert et G. Dubois pour le Seuil jeunesse

Les pierres s’accumulent, la tour prend forme et la construction avance vite. Mais, coup du sort, une terrible tempête a lieu durant la nuit et la tour (faite à moitié) s’effondre ! Il faut tout refaire… Heureusement, Arthur et son père seront rapidement aidés par leur entourage. Un véritable relais se met en place pour soulager Arthur et son père qui ont affronté les éléments toute la nuit ! Pendant que père & fils dorment, tous les voisins retroussent leurs manches et se mettent au travail. À leur réveil, la tour est deux fois plus haute qu’avant l’orage !

Puis, l’élan se poursuit et les villageois continuent d’aider Arthur et son père. L’apprenti boulanger leur offre de bons petits pains en échange de leur travail… Le chantier de la tour progresse rapidement et, sur une double-page, on voit l’évolution faisant penser à la tour Eiffel en travaux. On suit avec plaisir cette quête ponctuée de solidarité, de péripéties et de suspense.

Le récit, signé Nadine Robert, est placé sous le signe de l’esprit d’entreprise. Il véhicule beaucoup de valeurs extrêmement positives sur fond de persévérance et d’entraide. Il montre aux enfants à quel point il est important de se donner les moyens de réussir, d’aller jusqu’au bout de ses rêves et qu’à plusieurs, on est plus fort que tout seul. Le texte de cet album est fort, simple sans pour autant être moralisateur.

Pour donner vie à cette belle histoire, il fallait des illustrations tout aussi belles. Et c’est le moins que l’on puisse dire du travail de Gérard Dubois (dont je vous ai souvent parlé), ses planches sont à couper le souffle ! L’ambiance du livre est à la fois rétro et intemporelle. On rentre dans cette histoire comme dans un conte et l’univers est dense, matiéré et très travaillé. La composition des double-pages est remarquable, mention spéciale à celle de la construction de la tour, celle de la tempête, celle de la fête du village et les dernières du livre.  Les tonalités plutôt sombres imposées par l’histoire (la forêt, les pierres de la tour, la ferme, le bois, etc.) parviennent à ne pas écraser l’ensemble et l’ensemble est rehaussé par les touches de couleur des tenues des lapins. Et je dois dire que la petite communauté de lapins de Gérard Dubois est particulièrement réussie !

Une fois la tour construite, les lecteurs sont aussi impatients qu’Arthur et son père de découvrir ce qu’il y a au-delà de la forêt. Je vous encourage à demander à vos enfants ce qu’ils pensent découvrir avant de tourner la dernière page. Mon fils a dit « une maman », c’est vrai qu’il n’y en a pas dans le livre et j’ai trouvé cette idée assez belle… Mais, c’est une tout autre fin que Nadine Robert et Gérard Dubois ont imaginée et la chute est vraiment magistrale. Cet album est une véritable splendeur, à découvrir d’urgence !

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Maison d’édition: Seuil jeunesse (réédition de Comme des géants, 2016)

Année de parution: 2017

Prix: 13,90 euros

Âge recommandé: 5 ans

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Bob L’Artiste

NOUVEAUTÉ

« Quelle merveilleuse journée ! Idéale pour me promener les pattes à l’air », se dit Bob, un bel oiseau noir. Le voilà donc parti… mais sa balade se trouve vite gâchée par des moqueries. Le chat, le hibou et les autres oiseaux trouvent les pattes de Bob trop grandes et trop maigres. Notre pauvre Bob décide alors de tout faire pour changer son allure: gym pour se muscler, régime grossissant pour étoffer ses jambes ou habits pour se camoufler. Aucune solution ne se révèle idéale ! Que faire alors ?

Le hasard de sa promenade le mène dans un musée d’art et, devant une galerie de tableaux très différents les uns des autres, une idée de génie lui vient à l’esprit. Dès le lendemain, Bob décore son bec à la manière des célèbres peintres qu’il a admirés la veille: un jour les motifs de Matisse, un autre les éclaboussures de Pollock et la semaine se poursuit de cette manière. L’entourage de Bob est enthousiaste de ces petites touches d’originalité et finit même par oublier… ses pattes. Et encore mieux, les autres finiront par accepter Bob comme il est ! Ce dernier aura eu l’intelligence de détourner l’attention des critiques sans pour autant (trop) se transformer pour satisfaire le regard d’autrui.

Cette démarche est très positive pour les jeunes lecteurs qui interceptent le message qu’il ne faut pas absolument chercher à coller aux attentes des autres. En se trouvant soi-même, les autres vous acceptent plus facilement… Bob L’Artiste est le premier album pour enfants de Marion Deuchars et j’espère sincèrement qu’il y en aura d’autres… L’auteur-illustratrice nous offre un livre très esthétique et élégant. Les illustrations sont splendides et le pari est relevé haut la main: développer le goût de l’art chez les enfants et faire connaître certains grands noms de la peinture (Matisse, Pollock, Picasso, Mondrian, Miró, etc.).

Regardez bien et vous verrez (quasiment) sur chaque page le petit compagnon de Bob, une chauve-souris. Les enfants aiment particulièrement relire le livre en la cherchant sur les illustrations…

BONUS

Voici la couverture de la version originale, Bob the artist publiée l’année dernière par Laurence King Publishing. Je ne sais pas vous mais moi, j’aime autant l’une que l’autre… Il y a deux approches, l’une plus mystérieuse que l’autre, le choix de différentes couleurs et le détail opposé à l’ensemble.

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Maison d’édition: Seuil jeunesse

Année de parution: 2017

Prix: 12,90 euros

Âge conseillé: 3 ans

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Le tigre qui s’invita pour le thé

NOUVEAUTÉ / RÉÉDITION

L’histoire s’ouvre sur une scène du quotidien (« Il était une fois une petite fille qui s’appelait Sophie, et qui prenait le thé avec sa maman dans la cuisine ») avant de basculer dans l’extraordinaire: « Soudain, on sonna à la porte. […] Il y avait là un grand tigre velu et rayé. » Et comme le dit clairement le titre, cet animal franchit la porte de la maison puis débarque dans la famille de Sophie sans y avoir été invité au préalable. Comme vous le verrez par la suite, la nuance est particulièrement importante…

La magie de l’histoire opère dès lors que la petite Sophie et sa mère accueillent cet étrange invité comme un être tout à fait ordinaire. Très souriant et poli, le tigre est surtout affamé… alors il ne se contente pas que de thé et de petits gâteaux. Il lui en faut beaucoup plus ! Le vorace vide les placards de la cuisine et le frigo. Il mange même le dîner familial qui mijotait ! La petite fille de la maison n’est nullement effrayée, elle est à la fois attendrie par cette « peluche géante » (elle caresse le tigre) et est impressionnée par son appétit d’ogre qui est poussé à son paroxysme: « … et il but tout le lait, et tout le jus d’orange, et toutes les bières de papa, et toute l’eau du robinet. » Vous verrez, à la lecture, cette exagération amuse tout autant qu’elle fascine les enfants ! Une fois rassasié, le tigre s’éclipse en prenant bien soin de remercier ses charmantes hôtesses. Passé l’épisode de la tornade gourmande, la mère de Sophie réalise qu’il n’y a vraiment plus rien à manger pour sa famille. Alors, que faire ?

Heureusement, le père rentre du travail et propose d’aller au restaurant. Quelle excellente idée ! La petite famille se met donc en route pour une sortie imprévue et, donc, délicieuse. Évidemment, les enfants lecteurs approuvent aussi cette solution et adhérent au menu « idéal » énoncé dans le récit (saucisses, frites et glace). Le lendemain de cette étrange journée, les choses rentrent dans l’ordre… Sophie et sa mère font le plein de courses et achètent « encore plus de choses à manger ». Mieux vaut être préparées à recevoir des visites !

Les illustrations datant de 1968 ont un côté vintage pour nous, lecteurs d’aujourd’hui, et les amateurs de rétro apprécieront… D’ailleurs, Le tigre qui s’invita pour le thé de Judith Kerr est un grand classique de la littérature jeunesse en Angleterre et, personnellement, j’attendais sa parution en français avec impatience.

La force de cet album réside dans le propos atypique, mystérieux. C’est l’intrusion de l’exceptionnel dans le quotidien… Un animal envahissant dans une maison lambda et confortable. Le décalage fonctionne très bien auprès des enfants qui trouvent ça fou de voir un tigre en dehors de son milieu naturel, entrer dans une maison de ville et outrepasser beaucoup de règles de politesse tout en restant pourtant très courtois. Il a faim, il se sert donc le tigre pille, mais avec grâce ! Le personnage du tigre est déroutant car il possède une attitude humaine tout en conservant son animalité (taille monumentale et appétit débordant), cette double facette fait de lui un être énigmatique qui ne laisse personne indifférent. On sait à quel point les histoires « étranges », bien ficelées et avec beaucoup de liberté entre les lignes plaisent aux jeunes lecteurs…

 

L’Histoire dans l’histoire

Depuis sa parution, il y a eu de nombreuses interprétations sur ce livre et particulièrement sur la figure du tigre. Qui se cache derrière cet animal ? Pourquoi écrire une histoire si particulière à propos de la nourriture, de la faim et de la peur de manquer ? Certains s’accordent à dire qu’il est question de la Seconde Guerre mondiale. Le tigre, cette grosse bête qui symbolise la puissance, représenterait le nazisme. Dans le premier niveau de lecture de l’histoire Le tigre qui s’invita pour le thé, le tigre saccage beaucoup de choses, puise dans les réserves et ne laisse plus rien à manger, le tigre représenterait donc tout simplement la guerre. Dans ce cas-là, pourquoi souhaiter son retour à la fin de l’histoire (même s’il est clairement dit que le tigre ne revint jamais) ? C’est bien là toute l’ambivalence de ce livre… L’auteur-illustratrice Judith Kerr a été contrainte de fuir son pays lorsqu’elle était enfant et le choix d’écrire une histoire sur une figure intrusive n’est sûrement pas anodin. Rien n’est dit de manière très explicite mais malgré la politesse du tigre, n’oublions pas qu’un tigre reste un tigre avec tout le danger que cela peut comporter. Ensuite, chacun peut en faire sa propre lecture…

Je vous conseille de regarder le formidable documentaire sur Judith Kerr intitulé Hitler, the tiger and me (diffusé sur la BBC fin 2013), voici la bande-annonce ci-dessous:

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Maison d’édition: Albin Michel Jeunesse

Année de publication: 2017 (réédition de 1968)

Prix: 14,90 euros

Âge conseillé: 4 ans

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Petit Pois

NOUVEAUTÉ

Petit Pois porte bien son nom, il est minuscule ! Sa maman lui coud ses habits, il est obligé d’emprunter ses chaussures à des poupées et dort dans une boîte d’allumettes. En grandissant… enfin en prenant de l’âge, il fait son apprentissage de la vie et devient même aventurier ! Mais, la plus grande épreuve restera son entrée à l’école et la confrontation avec un monde fait pour les enfants, les grands enfants ! Comment Petit Pois va-t-il trouver sa place dans ce vaste monde ? Tout simplement, en développant son petit truc en plus… On suit avec plaisir le parcours attachant de ce petit bonhomme pas comme les autres.

 

© D. Cali et S. Mourrain pour Actes Sud junior

Dans Petit Pois, il est bien entendu question de différence et de confiance en soi. Le vieil adage « Ce n’est pas la taille qui compte » est mis en lumière avec originalité. Tout l’univers miniature est admirablement représenté et le texte dit beaucoup avec peu de mots… Les enfants accrochent beaucoup à la lecture de cette histoire tant ils se sentent en parfaite adéquation avec Petit Pois, eux qui sont petits comme lui et se sentent encore trop petits, enfin pas assez armés pour faire certaines choses. Dans la lignée de Tom Pouce ou Poucette, Petit Pois est un petit héros au destin hors du commun qui fera s’évader les plus jeunes !

Une fois de plus, le duo Davide Cali (texte) et Sébastien Mourrain (illustrations) nous offre un magnifique album. Je vous avais déjà parlé de Chez moi (Actes Sud junior, mai 2016) et je vous conseille aussi de découvrir Bronto mégalo saure (Sarbacane, janvier 2017). Drôle et sensible, Petit Pois est une petite merveille d’histoire. Comme d’habitude, je ne vous dévoile pas la fin mais elle est vraiment à la hauteur de l’ensemble du récit. Elle est même absolument irrésistible ! Bref, lisez ce beau livre aux enfants pour les faire rêver et aussi pour leur donner confiance en eux !

Sinon, ouvrez bien l’œil et vous verrez des pois/points à chaque page…

BONUS

Voici la couverture de la version originale de Petit Pois publiée l’année dernière par l’excellente maison d’édition québécoise Comme des géants. La France a misé sur la tendresse de Petit Pois endormi sur son chat tandis que le Québec a joué la carte « aventurier du jardin » !

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Maison d’édition: Actes Sud Junior (réédition Comme des géants, 2016)

Année de parution: 2017

Prix: 13,50 euros

Âge conseillé: 3/4 ans

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Le Chat le plus mignon du monde

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NOUVEAUTÉ

Le Chat le plus mignon du monde est un album mettant en scène le rêve de beaucoup d’enfants: avoir un animal de compagnie. À la sempiternelle question « Est-ce qu’on peut avoir un petit chat ? », la petite fille de l’histoire se voit enfin répondre un « oui » de la part de ses parents. La famille se met alors en quête d’un chaton…

Le livre au titre archi-conventionnel et au thème très classique réserve bien des surprises à ses lecteurs… De manière très habile, l’auteur Vincent Pianina va garder le fil rouge de son récit tout en donnant une tout autre orientation à l’histoire que l’on pense découvrir.

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© Vincent Pianina pour les Éditions Thierry Magnier

Le temps de faire le tour de l’animalerie et LA rencontre a lieu: « Et puis on est tombés sur le plus mignon des mignons alors c’est lui qu’on a voulu ramener à la maison. » L’originalité de cet album pointe le bout de nez quand la nouvelle famille du petit chat réalise qu’il n’a pas encore vu le visage de l’animal, que personne ne parvient pas à le voir de face… Tous les subterfuges sont alors mis en place pour arriver à leur but, voici mon préféré: « On l’a appâté avec un bol de thon… mais il savait marcher à reculons ! »

Qui est donc cette créature mystérieuse qui se cache ? La question de l’identité est aussi abordée par le choix du prénom de l’animal. Mais, comment va s’appeler ce petit chat ? Colette, Mich-Mich, Gribouille, Saucisse, Savate, Fougasse ou bien Josette… Peut-être qu’avec le bon nom, « ce coquinou de chat » (comme l’appelle l’auteur) va enfin se retourner ! Mais, l’animal est rusé et le mystère est bien gardé jusqu’à la chute finale qui vaut vraiment le détour… Si vous aimez les gros retournements de situation, vous allez être servis !

Le travail graphique faussement naïf de Vincent Pianina est plus fin qu’il n’y paraît et une grande énergie se dégage de l’ensemble.  De la couleur, des jeux sur la typographie et une vraie liberté de mise en page… De plus, l’écriture manuscrite est facilement déchiffrable pour les jeunes lecteurs autonomes.

La principale qualité de cet album est l’humour aussi bien dans le texte hilarant que dans les illustrations bourrées de clins d’œil, on rit beaucoup en lisant Le Chat le plus mignon du monde ! On trouve plus de dix fois le mot « mignon » dans le récit et je vous affirme que ce livre est plus que « juste » mignon, il est très réussi.

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Maison d’édition: Éditions Thierry Magnier

Année de parution: 2016

Prix: 12,50 euros

Âge conseillé: 5 ans

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Sur mon fil

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NOUVEAUTÉ

Sur mon fil nous raconte la vie d’une petite fille dont les parents sont séparés. Une parmi tant d’autres… Oui, mais, comment se passent concrètement ses semaines ? Quelle est la vie au quotidien d’une enfant en garde alternée ? De quelle façon s’organise une vie entre deux maisons ? « Entre la maison de Maman et celle de Papa, il y a un monde. Un monde qui dure… une semaine », nous dit la jeune héroïne du livre dès les premières lignes. Parce qu’il faut bien trouver un moyen d’accepter les choses comme elles sont, une astuce pour affronter le terrible constat, l’enfant explique: « Pour aider le temps à passer plus vite, j’ai tendu un fil entre mes deux vies ».

Véritable fil rouge (au sens propre comme au sens figuré) de l’histoire, ce pont entre deux rives nous permet de suivre la vie de la petite fille et de matérialiser la séparation de ses parents. Le fil est comme un prolongement d’elle-même, car n’oublions pas que l’enfant est l’élément qui relie ces deux adultes. Elle est leur fil, leur fille. Dans cette histoire à hauteur d’enfant, aucun des deux parents n’a évidemment le mauvais rôle et chaque membre de ce trio tente de s’arranger avec ce nouvel équilibre. J’ai apprécié que les sentiments des adultes (et pas seulement ceux de l’enfant) soient évoqués, comme la gêne et la tristesse. Comme d’habitude chez Séverine Vidal, il y a une justesse dans le ton et une écriture qui touche en plein cœur. Tout le travail sur le champ lexical de l’équilibre est remarquable… L’exploration des sentiments est toujours respectueuse et en adéquation avec le ressenti des enfants. L’analyse sur l’ambivalence des sentiments est très riche: au moment de l’échange du samedi, il y a la joie de retrouver l’un et la peine de quitter l’autre. Cette confrontation des sentiments est particulièrement intéressante et je pense que la lecture de cet album pourrait aider beaucoup d’enfants concernés à mettre des mots sur une situation aussi particulière.

Pour ce sujet délicat, il fallait les illustrations joyeuses et réconfortantes de Louis Thomas. Des aquarelles sensibles qui collent parfaitement au sujet accompagnent ce si beau texte. L’utilisation du fil rouge du texte qui parcourt les illustrations est faite avec intelligence et c’est un parti pris graphique très intéressant. De plus, je trouve que la couverture est particulièrement réussie: sobre mais évocatrice.

Cependant, n’allez pas croire que cet album est un tire-larmes ! Il fait preuve aussi d’humour en développant les fameux (maigres) avantages à avoir des parents divorcés: les deux maisons, les deux chambres, les règles plus souples des parents, des repas différents et autres privilèges. Les petits lecteurs apprécieront le caractère enjoué de la jeune héroïne de l’album et les fantaisies des parents, ainsi que les pirouettes pour faciliter la séparation.

Plus qu’un énième livre sur le sujet, ce récit très ancré dans le quotidien pourrait bien devenir une référence en la matière tant il est juste et bien pensé. Sur mon fil est un album absolument magnifique fait avec intelligence et sensibilité. À lire à tous les petits équilibristes !

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Maison d’édition: Milan

Année de parution: 2016

Prix: 13,90 euros

Âge conseillé: 5/6 ans