Outroupistache

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NOUVEAUTÉ

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous parler d’une histoire qui est un fort souvenir d’enfance… Il s’agit d’Outroupistache des frères Grimm, je l’ai beaucoup lue dans un recueil de contes (aujourd’hui disparu, hélas) et cette histoire était restée dans un coin de ma tête… J’ai pu redécouvrir cette histoire avec délice grâce à Elsa Oriol et aux éditions Kaléidoscope. Et je suis ravie de voir à quel point mes enfants l’aiment aussi !

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, voici l’histoire d’Outroupistache: une jeune et jolie meunière se retrouve au cœur d’un mensonge qui la dépasse complètement. Son père s’est vanté auprès du roi que sa fille savait filer la paille et en tirer de l’or. Ce qui est, bien entendu, absolument faux ! La voici donc prisonnière du château royal et contrainte de réaliser les prouesses vantées par son père au péril de sa vie… « À présent, au travail ! Et si demain matin tu n’as pas filé toute cette paille en or, tu mourras ! » Désespérée, la malheureuse se pense perdue jusqu’à l’apparition d’un lutin qui se propose de filer la paille en or à sa place. Cependant, il veut quelque chose en échange… Le scénario se répétera plusieurs fois et la fille du meunier lui donnera tous les bijoux qu’elle possède. Cupide, le roi lui demande une dernière fois de changer la paille en or puis il l’épousera. N’ayant plus rien à offrir au petit homme, la jeune femme se voit contrainte d’accepter l’étrange et terrible marché du lutin: il filera la paille une dernière fois en échange de son premier enfant à naître lorsqu’elle sera reine ! Ne voyant pas d’échappatoire et comptant sur le temps pour faire oublier cette sordide proposition, elle finit par accepter.

Le temps passe, le mariage a lieu et, ce qui devait arriver arriva, la reine met au monde un beau garçon. Mais, son bonheur est de courte durée puisque le lutin fait son apparition réclamant son dû. Désormais à la tête du royaume, la jeune mère lui propose bien des richesses mais il n’y a rien à faire… « Non, répondit-il, un être vivant m’est infiniment plus précieux que tous les trésors du monde. » Horrifiée, la jeune femme ne peut se résoudre à lui donner son bébé et, toujours aussi joueur, le lutin lui propose un nouveau marché: si la reine devine son nom, elle pourra garder son enfant. Pendant trois jours (le délai imparti), elle cherche, propose et propose à nouveau tous les prénoms masculins qu’elle connaît. Elle envoie même un messager courir le pays à la découverte de tous les noms qui existent, la quête est laborieuse. Le passage avec les propositions de noms est un régal de lecture… La reine est désespérée, le lutin jubile et l’enfant lecteur est totalement dans l’histoire. Quel est donc le nom de cette étrange créature ? Comment la reine va-t-elle mettre fin à cet odieux chantage ? Y arrivera-t-elle vraiment ?

Voilà, je n’ai pas résisté à vous raconter (presque) toute l’histoire ! Il ne vous reste plus que la fin à découvrir… qui est grandiose et à la hauteur du dicton « Tel est pris qui croyait prendre ». Pour cette histoire à la fois légèrement datée et intemporelle, il fallait des illustrations fortes et très expressives…

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L’une des spécialités d’Elsa Oriol est de se réapproprier des contes traditionnels. Elle remanie, dépoussière, bref rend plus accessible le texte (sans en enlever l’essence et la beauté) aux jeunes lecteurs d’aujourd’hui. Je comprends et partage le choix d’Outroupistache car tout est bien pensé dans cette histoire: le nom improbable du personnage éponyme, la cruauté du conte, la détresse de la belle jeune femme, l’énigme, la tension dramatique, les notions de magie et de lutin, la fin jubilatoire, etc. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire une excellente histoire qui parle aux enfants ! Grâce à ses illustrations, Elsa Oriol parvient à amener une dimension aussi bien énigmatique que féerique. Il y a un univers bien particulier qui se dégage de ses dessins et qui se prête particulièrement bien aux contes… La lumière, les ombres et les visages sont particulièrement bien travaillés. C’est un très bel album !

Le mensonge du père au début du récit n’est qu’un prétexte narratif pour que la jeune femme se retrouve sous la coupe du roi après avoir été sous celle de son père qui n’hésite pas à sacrifier son propre enfant, puis sous celle du lutin. Ah, la condition de la femme ! Bref… Ce schéma narratif du conte nous montre comment un personnage que tout accable va pouvoir se relever et surmonter les obstacles. Je vous encourage à lire des contes à vos enfants… Ils se délectent de ces histoires terribles certes, mais qui sont très riches et finissent presque toujours bien. Ils frissonnent, accompagnent le héros ou la héroïne dans ses épreuves et vibrent véritablement ! Au passage, cela leur permet de distinguer le bien du mal, d’accompagner leur envie de magique et d’histoire de grande envergure, de cultiver le pouvoir de l’imagination et de se confronter à certaines aspérités de la vie.

Bon à savoir, il y a d’autres contes illustrés par Elsa Oriol aux éditions Kaléidoscope: La Barbe bleue, Cendrillon, Déméter et Perséphone ainsi que Les six frères cygnes.

BONUS

Il y a une exposition des originaux d’Outroupistache à Paris en ce moment. Le vernissage a lieu aujourd’hui (jeudi 1er décembre) avec une séance de dédicaces de l’album.

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Maison d’édition: Kaléidoscope

Année de parution: 2016

Prix: 15 euros

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