Si j’avais une girafe

Si j'avais une girafe couv

NOUVEAUTÉ

Après On a toujours besoin d’un rhinocéros chez soi (chroniqué ICI), les éditions Grasset-Jeunesse poursuivent leur volonté de mieux faire connaître l’oeuvre de Shel Silverstein. Publié pour la première fois aux États-Unis en 1964, Si j’avais une girafe met en scène une potentielle rencontre entre un petit garçon et une girafe. Le petit mot SI permet à l’enfant d’imaginer tout et n’importe quoi… et il ne s’en prive pas ! Voici le début du livre:

« Si j’avais une girafe…

et si je l’étirais…

j’aurais une girafe et demie.

Si elle portait un rat niché dans un chapeau…

j’aurais une girafe et demie coiffée d’un chapeau-rat.

Et si je l’habillais d’un fort joli costume…

j’aurais une girafe et demie coiffée d’un chapeau-art dans un complet veston. »

Et ainsi de suite sur une vingtaine de pages… Dans cet album, l’auteur illustrateur joue sur le principe d’accumulation très apprécié des enfants qui s’amusent beaucoup des mésaventures du petit garçon et de la girafe. S’il n’est question que de l’habiller au début, le petit garçon débordant d’imagination va accessoiriser sa girafe avec des fleurs et une flûte mais les choses se compliquent avec l’arrivée d’un serpent, d’un putois dans un coffre, d’un dragon à roulettes et d’une baleine à la traîne… Et encore, je ne vous dis pas tout !

Oui, le petit garçon et la girafe sont confrontés à bien des situations loufoques et le duo prend vite l’allure de clowns équilibristes. Tous les animaux (ainsi que les objets que je vous laisse découvrir) et le petit garçon s’accrochent à la girafe. Et même si elle a un grand cou, cela devient difficile de tout porter ! L’absurde teinté de folie douce s’empare du récit pour mettre à l’épreuve nos deux compagnons tour à tour spectateurs et acteurs de tout ce qui leur arrive. Mais, jusqu’où cela va-t-il aller ? Trop, c’est trop alors au milieu de l’histoire, survient le point de rupture qui permet de soulager les deux personnages principaux (enfin… surtout la girafe) et chaque élément (humain ou matériel) se détache pour trouver autre chose à faire. Chaque étape est faite avec humour et/ou poésie grâce au talent de Shel Silverstein. Et l’histoire s’achève, comme elle a débuté, avec uniquement le petit garçon et la girafe. La boucle est bouclée !

Si j’avais une girafe est un album extrêmement bien maîtrisé et Shel Silverstein utilise intelligemment la gestion du blanc dans les doubles-pages. D’abord très présent puisqu’il n’y a que l’enfant et la girafe au début du livre, aucun élément de décor car tout repose sur les personnages et les éléments convoqués par le petit garçon arrivent par la suite… Et c’est le même procédé pour le texte qui reprend un à un chaque personne ou objet qui fait son entrée dans le récit. Petit à petit, les pages se remplissent jusqu’à la quasi-saturation !

À la lecture de Si j’avais une girafe, les enfants se laissent bercer par le rythme et la musicalité du texte qui oscille entre chanson et poème, puis s’amusent à vérifier si tous les éléments sont bien présents au fur et à mesure que l’histoire progresse (ainsi que le petit nouveau qui s’ajoute à chaque page). Hop, un petit exercice de mémoire au passage ! Je vous recommande ce livre car Shel Silverstein nous offre une belle galerie de personnages que l’on voit avec plaisir évoluer dans des situations incongrues et le tout se fait dans une grande gaieté ! Pas de message, pas de morale, pas de portée éducative. Cette histoire n’a aucun sens, et alors ?

***

Maison d’édition: Grasset-Jeunesse

Année de parution: 2016

Prix: 16,90 euros

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