Le putois qui m’aimait

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NOUVEAUTÉ

L’auteur Mac Barnett et l’illustrateur Patrick McDonnell sont deux pointures de la littérature jeunesse qui nous offrent le meilleur avec l’album Le putois qui m’aimait. Tout d’abord, l’illustration de couverture et le titre sont très convaincants: la première édition américaine du livre a été publiée sous le titre The Skunk (« Le Putois ») et le clin d’œil de la traduction (adaptation) française est excellent. Le dessin sobre mais évocateur de la couverture nous donne vraiment envie d’en savoir plus… Quel est le lien entre l’homme et le putois ? Pourquoi cet animal aimerait-il particulièrement un humain ? Et enfin, l’un se dissimule tandis que l’autre semble sur ses gardes… que se cache-t-il derrière tout ça ?

L’histoire commence le plus simplement du monde: un jour, un homme trouve un putois devant sa porte. Plutôt perplexe, l’homme feint de l’ignorer et sort de chez lui. Le putois lui emboîte le pas et une poursuite dans la ville va se mettre en place. D’abord surpris puis inquiet, le monsieur tente de le semer et ne comprend absolument pas pourquoi ce drôle d’animal le suit… Et ici, pas d’anthropomorphisme, le putois reste un animal non doué de parole qui ne peut donner aucun élément de réponse à notre personnage principal. Et après tout, s’il n’y avait pas de réponse ? Ce serait comme un chien qui se met à suivre un inconnu qui lui semble sympathique ou du moins digne de confiance sans raison particulière… dans la même lignée que Rantanplan.

Dans Le putois qui m’aimait, c’est le cheminement plus que la véritable raison qui a son importance. On prend beaucoup de plaisir à suivre cette étrange filature: taxi, opéra, cimetière, fête foraine, égouts, l’homme multiplie les tentatives pour échapper au putois… jusqu’à changer complètement de quartier et emménager dans une nouvelle maison. L’histoire pourrait s’arrêter là mais elle ne serait qu’à moitié réussie, alors notre bonhomme s’interroge sur le putois auquel il a fini par s’habituer ! On peut noter la proximité physique entre l’homme et la bête renforcée par l’utilisation de trois couleurs pour la majorité de l’album: noir, blanc et rouge. Il le cherche partout, cela tourne à l’obsession et il finit par le retrouver… D’un côté, la boucle est bouclée mais pas dans le sens où l’on pourrait le croire ! Si vous voulez connaître la fin (géniale et inattendue), il faudra lire ce livre très réussi et absolument maîtrisé.

Les illustrations de Patrick McDonnell entre BD et dessins de presse (d’ailleurs, on y voit du Sempé, The New Yorker ainsi que Calvin et Hobbes ou encore Snoopy) ont un dynamisme très fort. En peu de détails, l’illustrateur arrive à planter le décor et à animer ses personnages. J’ai aimé le choix (curieux) de l’animal pour cette histoire et sans aucune référence à sa mauvaise odeur. Sortons des clichés ! Au-delà de ça, la grande qualité de ce livre est l’énergie et le rythme du récit. C’est très drôle, ça va vite et le style direct, percutant tient le lecteur en haleine… L’écriture de Mac Barnett est précise et si drôle ! C’est une histoire absurde avec un je-ne-sais-quoi d’incompréhensible et de contradictoire. C’est pourquoi l’on ne se lasse pas de lire et relire Le putois qui m’aimait. Je vous le conseille pour des enfants à partir de 4 ans, mais il plaira aussi aux plus grands !

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Maison d’édition: Milan

Année de publication: 2016

Prix: 13,50 euros

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