Léo le fantôme

couv Léo fantôme

NOUVEAUTÉ

Fantôme rime souvent avec solitude… Et c’est bien le cas pour Léo, le petit fantôme de Mac Barnett et Christian Robinson. D’ailleurs, le livre s’ouvre sur ce constat qui, vous l’aurez deviné, va évoluer tout au long de l’histoire.

Voici les premières lignes très accrocheuses de l’album (qui figurent aussi en guise de résumé sur la 4e de couverture) :

« Voici Léo.
La plupart des gens ne peuvent pas le voir.
Mais toi, tu peux : Léo est un fantôme.
Pendant de nombreuses années, Léo a vécu tout seul
dans une maison aux abords de la ville.
Jusqu’à ce jour de printemps, où une famille y emménage… »

Ce début est très efficace et embarque immédiatement le lecteur ! Dans la confidence, l’enfant accompagne (tel un guide) Léo dans ses aventures… Ce fantôme plaît aux enfants car il a l’apparence d’un petit garçon souriant et très chic (il faut le souligner !). Après toutes ces années de solitude, Léo n’aspire qu’à avoir de la compagnie alors il met les petits plats dans les grands pour accueillir comme il se doit les nouveaux habitants de sa maison. Le contexte et le comportement de notre héros ne peut qu’attirer la sympathie: oui, tout comme lui, les enfants se mettent à espérer que Léo puisse enfin avoir une famille… Mais, qui a envie d’avoir un fantôme chez soi ?  Un véritable « SOS Fantômes » est lancé et Léo n’insiste pas. Il préfère quitter les lieux…

Léo famille

© Mac Barnett et Christian Robinson pour hélium

Dans la ville, nous suivons son errance. D’ailleurs, nous pouvons remarquer que la description de la ville pourrait correspondre en tout point à une perception d’enfant (véritable): « Certains endroits étaient merveilleux. D’autres, très effrayants. Partout, c’était extrêmement bruyant. » Après le confort d’une maison qu’il n’a pas quitté depuis longtemps, Léo se retrouve complètement perdu dans ce tourbillon citadin. L’auteur pointe du doigt l’anonymat des grandes villes renforcé par la condition de fantôme de Léo. Comme venu d’un autre temps, il ne reconnaît plus son quartier et n’a plus ses repères…

Léo ville

© Mac Barnett et Christian Robinson pour hélium

La tristesse de Léo prendra fin avec la rencontre d’une petite fille nommée Jeanne. À défaut d’entendre des voix, cette petite Jeanne voit parfaitement Léo et ne remarque absolument pas qu’il est un fantôme. Léo revit à son contact (enfin… c’est une façon de parler) et leur amitié se met en place sous forme d’un jeu: les chevaliers de la Table ronde avec des épées, un butin à dérober et un dragon à abattre (les antisexistes apprécieront beaucoup ce jeu à l’initiative d’une fillette). Comme si le jeu avait été un exercice avant la pratique, Léo parvient à faire arrêter un voleur qui s’était introduit dans la maison de Jeanne… Comme quoi, on peut être un fantôme mais aussi un véritable héros !

On pourrait croire à une réédition des années 50 ou 60, mais Léo le fantôme est bien une création contemporaine et ce parfum vintage tient aux illustrations de Christian Robinson. Juste quelques couleurs (blanc, bleu, gris et noir), de la peinture et des collages pour donner vie à cette histoire tout à fait particulière et intemporelle. Je vous conseille d’aller regarder le SITE de cet illustrateur très imaginatif et talentueux. Et pour information, le travail de Christian Robinson est plutôt très coloré contrairement à Léo le fantôme.

Le texte de Mac Barnett est soigné et détaille avec peu de mots des sentiments ou situations. Un petit exemple: « Quand le petit fantôme fermait les yeux, il pouvait presque voir les pièces d’or et les écailles du dragon. » Il emploie un langage qui parle parfaitement aux enfants… et Mac Barnett, par ce biais-là, aborde un thème qui lui est cher: le pouvoir de l’imagination. L’extrait ci-dessous le montre parfaitement faisant intervenir des petits compagnons de jeux dociles et toujours prêts à jouer, les amis imaginaires.

Léo amis imaginaires

© Mac Barnett et Christian Robinson pour hélium

Fantôme, amis imaginaires… il y a donc tout un jeu sur le caché, le voilé, la présence ou non des amis de Jeanne. Est-ce, parce qu’elle a beaucoup d’imagination, qu’elle parvient à voir Léo ? La question reste ouverte… et comme dans beaucoup de bonnes histoires, les enfants voudront lire et relire ce livre afin de comprendre. Dans cet album, il est aussi question de peur. Est-ce que quelque chose qui ne se voit pas fait peur ? On sait tous que oui. Et particulièrement les enfants avec la peur du noir, du loup, etc. L’imagination peut être encore pire que la réalité… Mais, ici, il s’agit d’utiliser l’imagination à bon escient et de la mettre au service du jeu.

L’auteur et l’illustrateur ont aimé jouer sur les différences entre Léo et Jeanne. Lui, c’est un fantôme aux airs de garçon qui vit seul dans une vieille maison à la campagne alors que Jeanne est une fille de la ville qui vit entourée de sa famille. Et cette nouvelle amie pourrait bien être un début de famille pour Léo… Un lien s’établit et parfois, on a la famille qu’on a bien voulu se créer. C’est une notion qui parlera aux enfants vivant dans des familles recomposées (ou atypiques) mais pas seulement… Ce livre délivre un message d’amour au sens large qu’il soit familial ou autre.

Bref, cet album plaît aux enfants car il parle d’amitié et regorge d’aventures ! D’ailleurs, il a été sélectionné par le New York Times parmi les meilleurs albums illustrés de 2015. Pour ceux que ça intéresse, voici la liste complète.

Deux petites photos du duo Barnett/Robinson pour le lancement du livre Leo a ghost story aux États-Unis.

Mac B. et Christian R. 2  Mac B. et Christian R.

© Jourdan Abel

© Irene Kim Sheperd

BONUS

Je suis littéralement tombée sous le charme de Mac Barnett dans cette vidéo. Vous allez voir qu’il sait aussi bien parler (et raconter des histoires) aux enfants qu’aux adultes ! « Pourquoi une bonne histoire est comme une porte secrète », c’est un quart d’heure d’intelligence et d’humour ! Et une vision passionnante de la littérature, de l’enfance et du rapport aux livres. Que l’on soit passionné ou non de littérature jeunesse…

***

Maison d’édition: hélium

Année de publication: 2016

Prix: 14,90 euros

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