La Ballade de Mulan

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NOUVEAUTÉ

La Ballade de Mulan ou le mariage réussi de la traduction d’un texte anonyme chinois du IVsiècle et des illustrations de la jeune Française Clémence Pollet. Les éditions HongFei et le traducteur Chun-Liang Yeh ont eu la bonne idée de partir du texte original en livrant un récit court et poétique. L’histoire de Mulan repose sur un choix de vie: une jeune fille prend l’apparence d’un homme pour éviter à son père d’aller combattre à la guerre. En Chine, Mulan est une figure emblématique de la culture populaire et son histoire est racontée dans toutes les écoles.

Alors, pourquoi cette version de Mulan plus qu’une autre ? Tout d’abord, parce que La ballade de Mulan est un objet magnifique: un album grand format (25×34 cm) pour rendre grâce au sublime travail de linogravure de Clémence Pollet sur un papier de grande qualité (Munken). D’ailleurs, l’illustratrice le dit elle-même: « Réaliser un album tout en linogravure était une première pour moi. » Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce procédé, la linogravure est une méthode de gravure sur linoléum (proche de la gravure sur bois) et, dans ce cas présent, travaillée en 4 couleurs (bleu-jaune-rouge-vert).

Le résultat est impressionnant: le travail de la composition des images est remarquable avec les premiers, deuxièmes plans et les ombres. Il y a de très beaux paysages et la guerre, fatalement présente dans l’histoire, figure sur plusieurs pages sans jamais aucune image violente. C’est toute la finesse de Clémence Pollet, dire sans trop montrer… Oui, ses dessins sont dans la suggestion comme elle l’explique très bien: « J’aime créer les images où la frontière entre réel et imagination est floue. Je ne donne pas toutes les clés au lecteur pour les déchiffrer. »

J’ai particulièrement apprécié les motifs très soignés que ce soit ceux des tenues ou des drapeaux comme vous pouvez le voir dans la page ci-dessous:

Visuel Mulan

© Clémence Pollet pour HongFei éditions

Dans le texte, il est dit que Mulan part loin de sa famille (ses parents ainsi que sa sœur aînée et son petit frère) pour se battre durant douze années. Plusieurs grands thèmes sont abordés dans cet album: tout d’abord, la question du genre avec l’identité féminine et l’identité masculine avec lesquelles Mulan parvient à jongler. Mais, au-delà du genre (question très actuelle), La ballade de Mulan (et donc l’histoire originelle) met plus l’accent sur le thème du destin et de la liberté de chacun, homme ou femme. Mulan est quelqu’un qui, à un moment de sa vie, prend une décision qui va avoir des conséquences déterminantes non seulement pour elle mais aussi pour les membres de sa famille.

Dans d’autres versions, l’accent est mis sur l’opposition des deux sexes ainsi que sur l’histoire d’amour de Mulan avec un jeune homme. Ici, pas d’histoire d’amour au sens de couple, mais chaque page de cet album transpire d’amour: l’amour familial. Mulan offre une véritable preuve d’amour à son père en allant se battre à sa place. Elle permet aussi à sa mère de conserver son mari et elle ne prive pas son frère ainsi que sa sœur d’un père. Mulan fait le choix de se sacrifier pour sa famille et au retour des douze années de guerre, elle refuse les honneurs et récompenses, son seul souhait est d’aller retrouver au plus vite les siens. Oui, Mulan est l’altruisme personnifié, mais c’est surtout un être libre. Et Clémence Pollet est aussi sous le charme: « En ce qui concerne le sujet, je suis heureuse d’avoir travaillé sur une figure de femme libre. Mulan est une héroïne atypique et intemporelle. »

À la fin de l’album, se trouve le texte chinois de La Ballade de Mulan (qui tient en une page) qui fait découvrir aux enfants un autre alphabet et c’est l’occasion de leur expliquer qu’un texte peut aussi se lire en colonne et de droite à gauche. Bref, avec La ballade de Mulan, on voyage et on s’émerveille !

***

Maison d’édition: HongFei éditions (traduction de Chun-Liang Yeh)

Année de publication: 2015

Prix: 19,90 euros

Une réflexion sur “La Ballade de Mulan

  1. En effet, le dessin est magnifique…
    J’aime beaucoup la reprise de contes ancestraux (quand la reprise est bien faite). Pour les plus grands, cela me rappelle Les Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar…

    Je découvre ton blog… J’aime beaucoup !

    J'aime

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